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Les gants
(Photo : ©Stock.XCHNG)
Poème n°22

poème

Les gants

En ce soir de Noël, on cogna à ma porte,
L'œil collé au judas, je vis un homme âgé,
Il avait l'air transi, triste, un genou plié,
Quand il me demanda, que je le réconforte.

J'ai ouvert grand la porte et l'ai laissé entrer,
Car il me regardait, d'un air bon et paisible.
Je lui fis à manger, moi qui suis si sensible,
En attisant le feu, pour bien le réchauffer.

Près de la cheminée, il a massé ses mains.
D'où viens donc cet homme, à blanche chevelure ?
Mais je n'avais pas peur de lui, ça je le jure,
Il semblait aussi pauvre que moi, pour le moins.

Après mille mercis, l'homme reprit sa route,
Oubliant mes vieux gants, si humblement offerts.
Enfui dans le brouillard, par ces chemins déserts,
Il avait disparu, Dieu que cela me coûte.

Au milieu de la nuit, je me suis éveillé,
Quelques braises rougies, se mourraient, indécises,
Et où j'avais placé, les deux moufles omises,
Une nouvelle paire et un mot m'attendaient.

"Tu m'as donné du temps, la chaleur, le couvert,
Tu as même tenté de m'offrir tes vieux gants.
En voici de nouveaux, pour vivre cet hiver,
Bien au chaud, comme un roi, que tu es en dedans".


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